Qu’est-ce que le cuir vegan ?

 

Sommaire

 

Strass et paillettes ; défilés fantasques ; mannequins ; « see now, buy now« … Le ballet des Fashion Weeks bat actuellement son plein. Après New-York, Londres et Milan, les yeux sont maintenant rivés sur notre belle capitale.

Lors de la précédente semaine de la mode, trois femmes ont fait parler d’elles. Ni top models, ni créatrices, je parle des militantes de la PETA1 qui, au beau milieu de cet événement planétaire, ont bravé la pluie pour manifester. Masquées et seulement vêtues de sous-vêtements couleur chair, elles ont ainsi défilé au pied de la tour Eiffel2. Leur revendication ? Faire cesser le massacre des animaux abattus pour leurs peaux.

Cet épisode, finalement peu médiatisé, m’a donné envie d’aborder un sujet de plus en plus incontournable : celui du fameux « cuir vegan ».

militantes peta fashion week paris

Une petite précision s’impose : mon but n’est pas d’écrire un plaidoyer pro-vegan, ni de pamphlet à l’encontre de l’industrie du cuir. Ma seule prétention est d’aborder, de la façon la plus objective et impartiale possible, une thématique prégnante dans le secteur de la mode.

Au fil de ce papier, nous verrons donc d’où vient le cuir, les conséquences qu’engendrent sa production et les alternatives qui peuvent raisonnablement y être envisagées.

vegan metro paris

L’industrie du cuir et ses conséquences

L’industrie du cuir, et plus globalement l’intégralité de sa filière, a des impacts conséquents à plusieurs niveaux. Des répercussions diverses…

– Sur les animaux

Les premières victimes de ce système sont évidemment les animaux.

La production de cuir dépend directement de l’abattage des bêtes. Les interconnexions entre les tanneries-mégisseries3 et les abattoirs sont donc nombreuses.

Il faut comprendre que, dans le cadre de la vente de bétail, le profit vient souvent de ce que l’on appelle « le cinquième quart ». Concrètement, le prix de vente d’un animal est à peu près similaire au prix de sa viande, et ce sont les « à côtés » qui vont permettre de dégager une marge financière confortable.

Par exemple, au-delà de la viande destinée à la consommation humaine, le sang des bêtes est conservé pour faire de la nourriture pour animaux domestiques, les poils pour faire des pinceaux, les os et les cornes pour faire des boutons ou des instruments, et, évidemment, la peau pour faire du cuir.

En résumé, le cuir n’est pas qu’un « déchet » d’animal abattu pour sa viande, mais bien une part non négligeable du chiffre d’affaires. En fonction de la bête, sa peau représente 10 à 50% de sa valeur, ce qui en fait le plus rentable des sous-produits que l’on a abordé plus haut. De plus, cette règle ne vaut que pour les animaux à poils ! D’autres sont exclusivement tués pour leur peau, sans que leur viande ne représente la motivation première. C’est le cas de tous les êtres vivants fournissant des cuirs dits « exotiques »4.

– Sur l’environnement

L’impact environnemental est également colossal bien que l’imaginaire collectif fantasme un cuir biodégradable. S’il est vrai que les peaux se désagrègent naturellement post-mortem, ce n’est plus le cas après les divers traitements reçus pendant le tannage.

Le tannage végétal est beaucoup plus propre, remplaçant les produits minéraux polluants par des substances comme l’écorce ou les fruits. Néanmoins, son utilisation demeure marginale car plus longue et coûteuse.

– Sur le plan sanitaire

Évidemment, on trouve assez peu de tanneries-mégisseries dans les pays développés puisque les législations y sont généralement strictes5 et la main d’oeuvre, onéreuse. À l’inverse, l’industrie du cuir a littéralement explosé dans les pays en développement, moins regardants en ce qui concerne le droit du travail et les considérations écologiques.

Les eaux usées, mêlées aux débris solides et restes de peaux, sont bien souvent relâchées dans les cours d’eau alentours…

Destructions des écosystèmes, empoisonnements et intoxications sont donc monnaie courante. À Dhaka, au Bangladesh, on apprend par exemple que 15.000 travailleurs (dont certains âgés d’une dizaine d’années) travaillent dans les quelques 200 tanneries de la ville. Sans gants ni masque, la plupart développent des maladies chroniques de la peau, insuffisances respiratoires et cancers.

Évidemment, l’élevage intensif de bétails abattus pour leur viande et leur peau a également des conséquences parallèles néfastes : déforestation, érosion des sols, assèchement des rivières…

Une situation sans issue ?

Lucas, si l’industrie du cuir est aussi mortifère, pourquoi est-elle si florissante ?

Bonne question l’ami ! Je ne peux t’apporter que deux réponses.

– Attention aux généralités !

Face à un tel constat, il est important de rester mesuré. De même que tous les vegans ne mangent pas exclusivement des pissenlits et des racines terreuses, tous les tanneurs ne sont pas d’ignobles pollueurs esclavagistes.

En France, les lois en vigueur sont très strictes. Elles garantissent une exigence de qualité à l’égard de l’environnement et des normes de sécurité des producteurs et des consommateurs.

À l’échelle de l’Union Européenne, depuis la libre-circulation des marchandises, les pays membres ont été invités à harmoniser leurs législations en ce sens. Le marquage « C. E. » ne constitue pas un gage de fabrication Made in Europe, mais assure en revanche que le produit a bénéficié de vérifications de conception, de contrôles et de tests pour en assurer la conformité.

Ce marquage est assez essentiel car la filière cuir à l’échelle mondiale est relativement opaque. Du coup, acheter un cuir français et/ou labellisé permet de limiter son empreinte écologique, sans se montrer complice des abominations sanitaires des tanneries des pays en voie de développement.

– L’argent-roi

La deuxième raison qui explique la croissance de la filière cuir mondiale se compte évidemment en euros… Si la « cuirocratie » prospère autant en dépit des dommages collatéraux qu’elle occasionne, c’est aussi et surtout parce qu’elle génère beaucoup, beaucoup… beaucoup d’argent !

Rien qu’en France, la filière cuir représente 130 000 salariés répartis dans 9 400 entreprises dégageant un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros.

À l’échelle planétaire, c’est un marché qui continue de peser près de 200 milliards d’euros. La question qui se pose alors est la suivante : existe-t-il une alternative au cuir ?

Qu’est-ce que le cuir vegan ?

– Un mode de vie à part entière

« Vegan » est un anglicisme qui n’a pas véritablement d’équivalent en français, que l’on a donc importé tel quel. Contrairement aux végétariens6 et aux végétaliens7, le vegan ne limite pas son militantisme à son régime alimentaire. Il refuse en effet tout ce qui a rapport – de près ou de loin – à l’exploitationanimale et souhaite protéger l’environnement de ses conséquences. Inutile d’aller chercher votre ami vegan dans votre voiture avec des sièges en cuir, il préférera marcher !

En France, un important tissu associatif soutient cette oeuvre. VeganImpactVegan.fr ou encore La Société Végane sont les organisations les plus connues. Il existe même un parti politique, le discret « Parti Animaliste », qui porte ce combat dans l’arène de la chose publique. Les associations de protection animale sont bien souvent animées par les mêmes idéaux : c’est le cas de la Sea Shepherd, de 269Life, de la Fondation Brigitte Bardot, de la PETA France ou bien de la célèbre L214.

Née dans les années 40 au Royaume-Uni, cette tendance explose depuis quelques temps, si bien qu’on l’assimile à une mode. Cet engouement explique le développement du fameux « cuir vegan ». Décryptage.

– Succès d’un oxymore

Mais Lucas, tu nous as expliqué que le cuir était de la peau animale rendue imputrescible… Comment ça peut être vegan ?

Encore une bonne question ! Je n’ai d’ailleurs qu’une seule réponse : il s’agit d’un absolu non-sens…

L’expression « cuir vegan » est complètement infondée, puisqu’elle regroupe justement les alternatives au cuir qui ne proviennent pas de peaux animales. Elle pose même problème au niveau légal… L’appellation « cuir » est protégé par un décret, dont l’article 2 stipule que « l’utilisation du mot cuir, à titre principal ou de racine ou sous forme d’adjectif […] est interdite dans la désignation de toute autre matière que celle obtenue de la peau animale[…] ».

Un mois plus tard, le 8 février 2010, un arrêté relatif au précédent décret est venu apporter des précisions quant aux dénominations des matières et des espèces animales concernées. Il distingue également les états de surfaces des cuirs, leurs types de finitions ou encore les pictogrammes les concernant.

L’usage du terme « cuir vegan », dans la mesure où cette matière, par définition, n’est pas issue d’une peau animale, peut donc être considéré comme illégal.

– Petite mise au point sémantique

J’insiste sur ce détail pour éviter toute confusion : il ne faut pas confondre cuir végétal et cuir vegan ! Le premier est un raccourci plus vendeur pour désigner le fameux cuir à tannage végétal (à base d’écorces, de plantes, etc.), tandis que le second correspond au cuir artificiel.

Passage en revue des formes de « cuir vegan »

Contrairement au cuir, le « cuir vegan » provient ex-clu-si-ve-ment de matières végétales ou synthétiques. Regardons ça de plus près.

– Les matières synthétiques

Les fameux « simili-cuir ». Tout est dans le nom : en se fiant à l’apparence du produit, on pourrait l’assimiler à du cuir véritable, mais ce dernier n’est en aucun cas issu d’une peau animale. Ces faux sont le plus fréquemment composés d’un non-tissé de fibres synthétiques en polyamide coagulées dans une résine (en général du polyuréthane). On trouve certaines formes à partir de plastique recyclé.

Parmi ces matières, vous reconnaitrez probablement le fameux Skaï8, le Lorica9, le Clarino10 ou encore l’Amara11. Ces matériaux synthétiques ont une apparence similaire et des caractéristiques égales voire supérieures à celles du cuir véritable, ce qui peut en faire des alternatives assez crédibles.

– Les matières naturelles

En plus d’épargner les animaux, les « cuirs vegan » à base de matériaux végétaux peuvent se vanter d’une production nettement plus écologique que leurs homologues cités avant.

  • Le liège : cette matière, souple et résistante, peut se travailler comme le cuir. Il s’agit de la partie extérieure de l’écorce du chêne-liège et son prélèvement12 ne nuit pas à la croissance de l’arbre, puisqu’il en produit naturellement. Écologique et éthique, l’utilisation du liège en guise de cuir est en pleine expansion.

  • L’eucalyptus : nous devons cette innovation à l’entrepreneur allemand Fabian Stadler, qui a l’idée d’utiliser ce matériau très robuste pour créer des ceintures. Le succès de son invention est immédiat et il ambitionne d’élargir sa gamme aux sacs (là encore au Portugal).

  • L’ananas : l’espagnole Carmen Hijosa a eu l’idée d’utiliser les feuilles de ce fruit pour produire un cuir artificiel, écologique et peu cher. Elle a nommé ce concept révolutionnaire « Piñatex ».

  • Le muskin : c’est à un laboratoire italien que nous devons cette avancée majeure, un tout nouveau matériau à base de champignons 100% biodégradable.

  • L’éco-cuir : l’invention de Richard Wool est l’une des alternative les plus prometteuses. Il vient de penser un matériau entièrement composé de fibres naturelles13. Cette trouvaille n’a pas encore de nom mais pourrait bien chambouler l’industrie textile dans les années à venir.

Comment reconnaître un cuir vegan ?

De même qu’il y a des pictogrammes pour reconnaître les cuirs, il existe des labels et certifications pour s’assurer qu’on est face à un produit véritablement vegan14. Le label « Vegan Society » est l’un des plus anciens, mais de nombreux autres ont suivi.

C’est le cas du cachet « Certifié Vegan » délivré par la Vegan Awarness, de son homologue « One voice », du « Leaping bunny » ou encore du « Cruelty free » accordé par la PETA.

Pour vous informer sur l’éco-fashion, ou mode éthique, je vous conseille au passage l’excellent site Sloweare. Les investigations sur ces sujets sont particulièrement poussées.

N’y a-t-il que des avantages au cuir vegan ?

Sur le papier, consommer du « cuir vegan » semble donc être une vertu considérable. Néanmoins, les adeptes du « vrai » cuir ne manqueront pas de reprocher au cuir artificiel son manque de noblesse. C’est également un matériau qui demande moins de traitements successifs, d’intermédiaires et de savoir-faire, d’où une préciosité moins marquée. Alors qu’un cuir véritable va se détendre, reprendre forme, s’adapter à son milieu et à son utilisation, le cuir artificiel va rester « neutre ».

Par ailleurs, le cuir artificiel partage une caractéristique pesante avec le cuir véritable : on trouve un peu de tout…

Je m’explique : de la même manière qu’il y a des cuirs issus de peaux médiocres, tannées à la va-vite et finies grossièrement, on trouve aussi des cuirs artificiels plus ou moins intéressants. Ici comme ailleurs, le panel s’étend du (très) bas de gamme à l’ultra-luxe…

Finalement, le principal problème du cuir vegan est celui de son empreinte écologique. Même s’il épargne les animaux et les dérives de la filière cuir à l’échelle de la planète, il est souvent à base de produits synthétiques dont l’origine n’est pas forcément propre.

Du coup, les cuirs artificiels des marques d’entrée de gamme sont souvent issus de dérivés de pétrole, qui ne sont pas forcément plus eco-friendly qu’un cuir tanné au chrome. Néanmoins, vous ôtez déjà la souffrance animale de l’équation. Certaines enseignes impliquées dans un processus de mode éco-responsable travaillent d’arrache-pieds pour proposer des modèles en cuir vegan dans des matières entièrement recyclées. C’est le cas des marques haut de gamme, comme Stella McCartney, mais aussi de labels plus confidentiels et largement plus accessibles comme GoodGuys.

À mon sens, il faut y voir un effort global qui, s’il n’est pas encore optimal, marque pourtant une tendance positive qui contribue à assainir l’industrie de la mode, et c’est tant mieux !15 Le meilleur est à venir…

Petit aperçu des marques vegan

De la plus discrète à la plus connue, de la plus accessible à la plus pointue, on passe en revue les griffes les plus intéressantes du secteur.

  • WILLS SHOES : très large gamme de chaussures et accessoires vegan. Chelsea, brogues, dockers, sneakers, derby… Les prix sont compris entre 80 et 300€.

  • MATT & NAT : « MAT(T)rial and NATure » sont les valeurs de cette marque canadienne. L’enseigne produit de beaux articles en cuir vegan à base de matériaux recyclés. Sacs 48h, besaces, cartables, messengers, serviettes et petite « maroquinerie » sont de la partie, presque toujours entre 100 et 200€.
  • NOAH : c’est une marque de chaussures vegan qui revendique un style italien affirmé et une philosophie orientée « dolce vita ». Bien que le rendu esthétique laisse parfois à désirer (surpiqures épaisses et contrastantes, grosses semelles en caoutchouc…), il y a du travail et un choix assez large.
  • NAE : cette marque portugaise propose une large collection de chaussures produites à partir de matériaux divers et variés (bouteilles plastiques recyclées, liège, feuilles d’ananas…).
  • MOO SHOES : c’est une boutique new-yorkaise assortie d’un e-shop, distribuant exclusivement des marques labellisées « Cruelty-free ». Chaussures, tee-shirts, maroquinerie, bagagerie, accessoires, on trouve de tout chez Moo.

  • VEGAN CHIC : autre e-shop multimarques qui distribuent NAE, Beyond the skin, Bourgeois Boheme et d’autres marques de mode vegan. Hommes, femmes et enfants.
  • BEYOND THE SKIN : la marque de chaussures vegan revendique également une philosophie éthique et éco-responsable. Cet engagement a été reconnu puisque « BTS » multiplie les labels de la PETA, de la Vegan Society et d’autres associations. Depuis ses usines espagnoles, elle fabrique des articles originaux et assez onéreux (entre 100 et 200€).
  • STELLA McCARTNEY : Après un passage à la tête de la direction créative de Chloé, la fille de Paul McCartney a lancé sa marque éponyme. Végétarienne convaincue, elle n’utilise ni cuir ni fourrure dans ses collections, ce qui lui vaut de compter parmi les griffes vegan les plus populaires à l’échelle internationale. C’est l’une des marques vegan de luxe les plus pointues, car elle couple matières éco-responsables (100% recyclées) et design créateur. Je suis passé faire un tour à la boutique parisienne dans les jardins du Palais Royal, et je vous conseille vivement de faire de même si possible : les conseillers en boutique sont experts et les matières véritablement bluffantes.16

  • BOURGEOIS BOHÈME : Fondée à Londres en 2005 par Alicia Lai, BB est une marque totalement indépendante qui utilise des cuirs vegan italiens pour proposer des modèles de souliers d’inspiration très british. Validées par la PETA et la Vegan Society, toutes les paires sont confectionnées au Portugal.
  • VAUTE COUTURE : Fondée en 2008 par Leanne Mai-Iy Hilgart, la marque revendique la pôle position sur le marché de la mode vegan avec une ambition : celle de retirer l’animal de l’équation. À prononcer comme « Vote », elle produit des manteaux, tee shirts, chemises et accessoires entièrement à partir de matières recyclées (bouteilles plastiques notamment) depuis ses ateliers new-yorkais.
  • VOTCH : Basée à Londres depuis sa création en 2016 par Laura Stageman, Votch propose des montres dont les bracelets sont en cuir vegan. Mixtes, minimalistes, simples et efficaces, les modèles sont très bien pensés. Petit plus : elle reverse 10% des bénéfices à diverses associations de charité tous les trois mois.

Vous l’avez compris, l’essor du cuir vegan a donné des idées. Peut-être par conviction, peut-être pour surfer sur la tendance, plusieurs marques ont ainsi lancé des lignes vegan. Par exemple :

  • Esprit, dont la gamme « We love Vegan » propose un large choix de sneakers, bottines et escarpins (pour femmes uniquement pour le moment),
  • H&M, dont la capsule « Conscious » propose des pièces en matières 100% biologiques et/ou recyclées,
  • Dr. Martens propose désormais ses modèles les plus mythiques (la bottine 1460, la low 1461 et la brogue 3989) en cuir vegan, pour elle et pour lui ! Petit spoiler : je vous en dis plus très bientôt. 😉

Parmi ces marques, l’une d’elle a retenu mon attention car pionnière sur ce secteur en France : Good Guys. Curieux d’en savoir plus, je me suis entretenu avec Marion Hanania, sa fondatrice. Un grand merci à elle pour s’être prêtée au jeu de l’interview !

Publié par Natacha DUCHMANN, Community Manager Fashion Week, le 28/11/17

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